Pure Dating

20 décembre 2021

Être transgenre dans le monde des rencontres en ligne

Pure Team

Dater, c'est complexe pour tout le monde : toutes ces règles officielles et officieuses, la communication et tous les pièges qui peuvent arriver sur notre chemin. Mais c'est encore plus compliqué pour les minorités. Surtout pour les personnes transgenres, qui font face aux plus hauts niveaux de discrimination parmi les groupes marginalisés. Pour la plupart des personnes trans, les difficultés rencontrées en datant sont bien plus importantes que les difficultés "classiques" que la plupart des personnes cisgenres pourraient subir. C'est la Transgender Awareness Week (semaine de la reconnaissance transgenre, ndlr), donc ça nous paraissait être le moment parfait de parler de ce sujet complexe et de recueillir les témoignages des concernés sur comment c'est de dater en tant que personne transgenre.

Nous avons invité deux personnes transgenres pour parler de leur expérience avec les rencontre en ligne, l’intimité et les relations. 

Pure. Les rencontres ne devraient pas être ennuyeuses

Pure est un tableau d'annonces en ligne et une plateforme de chat où les gens partagent ouvertement leurs désirs. Pour que la fête commence, il faut être enjoué/e et toujours respecter les autres.

Eva, femme de 23 ans, développeuse, s’identifie comme hétéro, utilise le pronom elle. 
Casey, homme de 21 ans, travaille dans la programmation cinématographique, s’identifie comme pansexuel, utilise le pronom il. 

— En général, comment se passent vos expériences sur les applis de rencontre et pour les rencontres en ligne ? 

Eva : Avant ma transition, c’était plutôt une expérience négative : je devais “mettre un masque” d’homme gay, ce que je n’étais évidemment pas. Après ma transition, c’est incroyablement positif dans l’ensemble. 

Casey : Mon expérience avec les applis de rencontres a été neutre ou positive, je n’ai eu aucune mauvaise expérience et quelques bonnes. 

— Est-ce que vous révélez à vos potentiels rencards que vous êtes transgenres quand vous apprenez à vous connaître ? A quel moment ? Et comment ça se passe ? 

Eva : Je mentionne que je suis transgenre dans la description de mon profil. Je le fais parce que je ne veux pas perdre mon temps et mon énergie dans une relation romantique ou sexuelle avec quelqu’un qui ne m’acceptera pas, ou pire, qui me blessera émotionnellement. J’ai choisi cette stratégie et elle marche pour moi : comme ça, je filtre les mauvaises personnes et je ne parle qu’à celles qui m’acceptent comme je suis. 

Casey : Je dis toujours que je suis trans à toutes les personnes à qui je parle. Ça se passe plutôt bien, car je m’entoure de personnes ouvertes d’esprit, donc je n’ai jamais peur d’évoquer le sujet. J’ai été plutôt chanceux et j’ai seulement reçu de l’acceptation de la part des personnes qui m’intéressent. 

— Selon vous, qu’est-ce qui est le plus dur dans le fait d’être transgenre et de dater ?

Casey : La transphobie, évidemment. Je suis très anxieux à l’idée de révéler que je suis trans (même si ça se passe bien en général) et au sujet de mon corps. Dater est déjà assez difficile quand tu es à l’aise avec toi-même, et c’est compliqué d’être vulnérable et ouvert quand tu as aussi peu confiance en toi. Donc la peur de la haine des trans est dure, mais s’autoriser à recevoir de l’amour et de l’attention est dur aussi. 

Eva : Selon moi, toutes les personnes transgenres qui utilisent les applis de rencontre sont passées par pas mal d’étapes dans leur parcours pour finalement être assez ouvertes, donc une fois qu’elles sont prêtes à dater, plus rien ne peut les surprendre. Pour moi, le plus difficile a été de finalement décider de révéler mon identité sur mon profil. Mais au moment où tu es prêt à t’identifier ouvertement, tu as déjà fait face aux parties les plus difficiles, expérimenté assez d’obstacles, et tu sais déjà à quoi t’attendre. 

— Que peuvent faire les personnes cis pour que les personnes trans soient plus à l’aise dans le fait de dater ? 

Eva : Les personnes cis pourraient s’éduquer sur les choses basiques et fondamentales, par exemple ce qu’il est approprié ou non de demander à quelqu’un. J’ai été récemment dans cette situation où quelqu’un m’a demandé mon deadname (mon nom d’avant ma transition). C’est clairement dans le top 3 des questions que tu ne devrais pas poser à une personne trans. 

Aussi, si les personnes cis pouvaient arrêter de construire toute la connexion autour du fait qu’on est trans, tout le monde serait beaucoup plus à l’aise et communiquerait plus facilement. 

Casey: Je pense que les personnes cis peuvent améliorer l’expérience de dating des personnes trans en étant plus ouvertes sur leur amour et leur attirance pour les personnes trans. Il y a des cis qui cachent la transidentité de leurs partenaires dans des contextes à dominante cis, et c’est dangereux. Ca nous ostracise et ça met un tabou autour du fait de nous aimer, ce qui, en conséquence, complexifie notre vie et nos expériences amoureuses. Ce que les personnes cis peuvent faire en premier, c’est d’être honnêtes avec le fait qu’elles sont attirées par des personnes trans. 

— Parlez-nous de votre meilleure rencontre avec quelqu’un sur une appli ou en ligne ? 

Eva : C’est une histoire très spéciale parce que c’est l’une de mes premières rencontres post-transition. J’ai matché avec ce gars et on s’est direct bien entendus. La conversation était très fluide, il ne m’a pas une seule fois parlé de ma transition ou de quoi que ce soit sur mon identité, j’étais même partie du principe qu’il n’avait pas lu mon profil. Il s’avère qu’il l’avait vraiment lu et puis il m’a dit qu’il n’avait jamais été avec une femme trans. J’ai trouvé ça très attirant parce que c’est presque validant pour une personne trans : il te voit vraiment comme tu es. On s’est rencontrés rapidement, il était super attentionné et précautionneux, au lit c’était incroyable et la connexion était géniale. Et je dois le préciser, quand tu es sous thérapie hormonale, la connexion t’excite beaucoup plus que l’intimité. On s’est séparés pas longtemps après, mais c’est toujours l’une de mes rencontres les plus importantes. 

Casey : J’ai récemment été dans une relation qui était à 80% en ligne et c’était incroyable. Je pense qu’internet m’a permis d’être un peu plus confiant et honnête avec elle et m’a empêché de m’inquiéter au sujet de mon corps. Elle était très bienveillante et c’était super, mais ça n’aurait jamais marché si on n’avait pas eu ce "tampon" qu’est internet. Je pense que les relations en ligne et à distance ont leurs pièges, mais ça m’a vraiment aidé et je suis sûre que ce que j’y ai appris me servira plus tard. 

— Que pensez-vous des coups d’un soir et des sex friends ? Est-ce que vous avez déjà essayé ou voulez essayer ? 

Casey : Je pense que c’est super. Je suis totalement favorable au fait d’avoir de l’espace et des types de relations faites pour les personnes qui ne veulent pas s’enfermer dans l’idée traditionnelle des relations et de la monogamie. Mais ça ne me convient pas personnellement, j’ai besoin d’une relation plus romantique et monogame. Mais je pense que les relations saines ont plusieurs formes possibles et si les rencontres sexuelles, les coups d’un soir, les sex friends fonctionnent pour toi, fonce ! 

Eva : C’est une bonne option si c’est ce que tu recherches. Avant, j’avais régulièrement des coups d’un soir et des sex friends et puis je me suis rendue compte que je m’attachais aux gens très facilement, donc maintenant je n’ai plus que des relations monogames et longues. L’engagement est très important pour moi, donc les rencontres comme ça ce n’est pas pour moi. En revanche, je pense que ce sont des supers concepts et je soutiens la non-monogamie quand c’est fait avec éthique. 

Prépare-toi à des connexions inoubliables

Que tu cherches une aventure passionnée, une conversation sans complexes ou autre chose, nous te promettons une chose : ce qui se passe dans Pure reste dans Pure.

Pure est investi dans l’égalité et la destigmatisation du genre et de la sexualité. On s’engage contre toute forme de discrimation dans notre communauté et à rendre les rencontres simples et sûres pour toutes les personnes concernées. Il est de notre responsabilité en tant qu’allié.e.s de nous éduquer nous et les autres en portant les voix de celles et ceux qui doivent être entendu.e.s, et ainsi nous assurer que les groupes marginalisés sont acceptés, entendus et compris de nous. 


Nous t'enverrons des articles géniaux tous les mois.

En t'inscrivant, tu acceptes nos conditions générales, ainsi que notre politique de confidentialité.